Prochaine Assemblée Générale : Samedi 11/02/2012 - Calendrier des conférences 2012
432 ans plus tard, c’était un nouveau rendez-vous avec l’histoire que Serge LABORIE proposait
aux membres de la Société Historique.
La conférence donnée par l'historien à Henrichemont le 8 octobre 2005 a été vécue comme un véritable film de guerre
par les personnes présentes. Mêlant suspence, Histoire et petites histoires
, l'historien qui faisait-là sa première
conférence à l'âge de 70 ans a su captiver son auditoire.
Le siège de Sancerre fut bien un véritable enfer vécu par les assiègés en 1573.
Assiégés au nom de Dieu, puisque tous étaient protestants alors que leurs assiégeants, sous le commandement du
Maréchal de la Châtre, étaient là au nom du royaume, catholiques donc.
Claude de la Châtre s'était déjà en 1569 cassé les dents sur les murailles de la petite Rochelle
.
A la fin de 1572 de nombreux réfugiés protestants se renfermèrent sur le piton. Sancerre bénéfiant d'une franchise
municipale depuis plus de deux siècles, était devenue une ville prospère accueillant les "réformistes" qui pensaient que
l'argent et la religion pouvaient faire bon ménage, alors que chez les catholiques, cette union a toujours été, et est
aujourd'hui encore incongrue.
Les 2400 sancerrois de 1573 défiaient le roi Charles IX
qui ne supportait pas plus cet affront que celui des
rochellois et autres nimois.
Claude de la Châtre mobilisa progressivement 7000 hommes en armes tout autour de Sancerre, et
pressé par le pouvoir royal, tenta un premier assaut le 19 mars au matin. Les 18 pièces d'artillerie disposées sur les
hauteurs voisines ont tellement pilonné les murailles que par endroit, celles-ci s'effondrèrent sur ses propres soldats.
600 périrent, des suites de leurs blessures ou ensevelis sous les décombres. Sur le piton ce même jour il n'y eu
comparativement pas de pertes humaines.
Le Maréchal, humilié mais pas abattu, décide alors d'assiéger la colline, et s'installe dans une maison de Saint Satur, au pied de Sancerre. Cette demeure existe toujours, en parfait état.
Ce n'est qu'en fin d'été, après avoir mangé les derniers rats, les dernières taupes, s'être nourris de poudre d'ardoise,
de ceintures bouillies et avoir enterré quelques 600 morts de faim que les protestants acceptèrent leur rédition.
Ils eurent le culot de négocier ce qu'ils pouvaient encore négocier, à savoir les 2000 litres de vin qui leur restaient,
en compensation des dommages exigés par la royauté, dont un important arrièré d'impôts ...
C'est devant leurs assiégeants, au garde-à-vous et leur présentant les armes, que les sancerrois sortirent, et
déposèrent leurs drapeaux, tandis que Jean de Léry , âme de la résistance protestante, fut conduit
sous bonne escorte (pour assurer sa protection) au château de Blet, autre refuge protestant.
Le Maréchal de la Châtre put enfin annoncer au roi que Sancerre était tombée, vaincue par la faim,
mais pas par les armes.
Ces quelques mois de l’histoire de Sancerre qui ont eu un retentissement dans toute l’Europe auront pesé lourd dans
l’histoire et méritaient d’être divulgués.
La conférence était illustrée de nombreux documents, reproductions de tableaux et dessins, ainsi que d'une monumentale maquette s'étendant sur 4 m², représentant l'assaut manqué sur Sancerre le 19 mars 1573 au matin, avec seulement 1000 figurines au lieu des 7000 soldats présents. Ce n'est déjà pas si mal ...